Notre décor de la journée c'est la forêt de Fontainebleau où la neige n'est pas au rendez-vous. Le loup que l'on croit apercevoir se faufilant à la croisée d'un chemin n'est évidemment qu'illusion, probablement dû a un thermomètre frisant le zero et à l'humidité d'un brouillard persistant. Qu'importe, ou plutôt tant mieux, car grace à la flexibilité de notre site Internet et son ''Espace Membre'', Philippe a remédié à un concours de circonstances : pas de dimanche sans sortie de programmée au CAF IdF!

Qu'on le sache, avec Philippe ce n'est pas ''bille en tête'', loin de là! Dès la gare de Fontainebleau-Avon, notre guide prendra le temps de nous expliquer le parcours de notre journée, en long et en large, carte municipale à l'appui : une boucle vers l'ouest de la ville en démarrant plein nord, pour finir au sud par le parc du château. Ce sera une marche ponctuée de tous les arrêts nécessaires aux renseignements et anecdotes pour nous permettre de saisir la richesse du massif forestier.

Tout débute par le nom de Fontainebleau, nom dont on retrouve une mention dans la charte de succession de Louis VI. Le rapport avec une fontaine est flagrant; la forêt est bien humide, les nombreuses sources attirant le gibier qui appâte les rois. Il semblerait que le nom vienne de Fontaine-belle-eau; mais on parle aussi d'une Fontaine Bliaud (le chien qui aurait découvert la fontaine), ou Fontaine Eblaud (garde forestier propriétaire au Moyen-Age du terrain où se trouve la fontaine) ou même Blitwald (famille possédant un domaine près d'une fontaine). Ou bien Fontainebleau viendrait du dieu gaulois Belenos?

Après cette mise en bouche, notre groupe prend la direction de la forêt qui, comme on le sait tous, s'est développée sur les sables, les grès, les limons et les argiles laissés par les mers, remaniés par l'eau et le vent.

Odeurs puissantes des sous-bois, silence habité de la forêt, couleurs et paysages chatoyants malgré l'hiver bien présent, se sont ces multiples facettes que l'on traversera aujourd'hui.

Avec ce calme apparent de la forêt qui ne nous quittera que peu cette journée, la traversée des routes départementales et nationales certes mise à part. Mais de la faune sauvage (cerfs, chevreuils ou sangliers et renards, écureuils, lapins, blaireaux...) qui cohabite ici, nous ne verront que les traces. Mais ce n'est pas par manque de chance car les cervidés farouches vivent surtout au crépuscule et dans la nuit, quand les touristes sont rentrés bien au chaud dans leurs villes pour se préparer à réveillonner...

Vous avez déjà été intrigués par les greffes de pin sylvestre, le sexe du Houx à boules rouges, les habitations troglodytiques, les carrières de grès ou encore l'alimentation en eau de la Capitale par les eaux de l'Yonne? Votre place était donc ici, ce dimanche 24 décembre. Notre itinéraire nous mène par une succession de hauteurs, balisées par quelques belles perspectives : la Croix du Calvaire dominant la ville de Fontainebleau et son château..., les chaos du Mont Ussy, le Mont Aigu, le Rocher Bouligny, Rocher des Demoiselles, Mont Morillon et Petit Mont Chauvet qui illustreront ces propos.

Car aujourd'hui, nous voyageons également dans le temps! du 12ème siècle avec la première exploitation du grès destiné au château, au 16ème (où la forêt domaine royal est déclarée inaliénable) puis sous Louis XIV où l'on décrit la forêt comme étant dans un état alarmant : à moitié déboisée pour cause de pâturage et nombreux incendies. Et Philippe nous affirme qu'il faudra attendre 1720 pour que commencent des plantations importantes de chênes, charmes, bouleaux et hêtres, et 1786 pour que les premiers pins sylvestres soient plantés sur quelques zones rocheuses.

Les reboisements reprennent pendant le premier empire, en 1861 est fondée une Série Artistique qui donnera naissance à la Commission des Réserves Artistiques et Biologiques en 1945 et au début des années 50 le maintien des réserves artistiques, la création des réserves biologiques intégrales et des réserves dirigées seront décidés. Enfin, en 2002 le massif forestier de Fontainebleau est classé forêt de protection. Voilà en résumé les nombreux exposés de la matinée, mais j'en oublie forcément le détail... L'on passe d'un arbre remarquable à un autre arbre remarquable, puis l'on passe les clôtures par les échelles aménagées à cet effet.

Et par un dernier virage nous atterrissons dans notre salle à manger, ce qui tombe vraiment à pic! En cette veille de Noël, c'est bien évidemment le dessert avec le gâteau renommé de Philippe (aux raisins) et bien sur celui de Marylise (vous savez, celui au chocolat noir...) accompagnés des quelques verres de vin de circonstance, sans oublier les excellents biscuits et les chocolats pour couronner le tout. Un réveillon ce soir au programme?

Mais ça ''pince'' et nous voilà bientôt repartis par le Long Boyau, le Polygone, on longe l'aqueduc, on traverse la N7 on grimpe le Mont Morillon...

Et vers 16 h15 on s'arrête devant le château qui, lorsqu'on le mentionne en 1137, n'est qu'un château fort qui sera agrandi par Saint Louis. C'est bien entendu le château Renaissance que l'on admire dans l'après -midi hivernal, demeure des souverains de la France depuis François 1er jusqu'à Napoléon III en passant par Henri II, Henri IV, Louis XIV, Louis XV et Napoléon Ier qui y laissèrent tous leur marque. C'est le moment idéal pour ouvrir la boîte de chocolats de Marité, dont profiteront même quelques chanceux promeneurs bellifontains : ''Christmas Spirit'', disent les anglophones.

Une sortie découverte qu'aucun de nous n'aurait voulu manquer. En 2007, pensez à vérifier régulièrement l'Espace Membre : c'est la garantie de profiter pleinement de toutes les sorties organisées par le CAF IdF!