09 mars 2008 de Pont Sainte Maxence à Chantilly
Par Jean Dunaux, dimanche 16 mars 2008 à 19:21 :: #228 :: rss


Où cours-je ? Où vais-je ? pourrais-je questionner en préambule. Mais bon, les oiseaux dans le ciel, les poissons dans l’eau ne se prennent probablement pas la tête eux sur ce genre de truc. Alors n’ayant pas abusé outre mesure du Bordeaux rouge la veille au soir, c'est rassuré que je retrouve les participants au rendez vous de la Gare du Nord, tous plutôt du genre "bon pied, bon œil", ce qui est somme toute bien normal pour une sortie en "SO+". Ce matin pas de raison particulière de douter, ni de chercher une raison valable sur laquelle fonder son existence. En ce dimanche de giboulées, il n’est pas dans mon intention d’organisateur d'aller sans but ni direction précise : on se rend très précisément de Pont-Sainte-Maxence à Chantilly et on est convenu d’être de retour à Paris avant la fermeture des bureaux de vote. Donc d’emblée on en déduit que si interrogation il y'a, ce sera forcément une question de porte, d’interface, et pas le moindre du monde une histoire de rangement : pourquoi donc irait-on chercher en Forêt Domaniale d’Halatte cette planche à fixer au mur qui supportera souvenirs ou autres potiches ? Vous l’aviez certainement saisi ainsi.


Sur le terrain, ce n’est plus tout à fait la même chanson qu'à la Gare du Nord. Notre première porte c’est un pont, qui nous permet de franchir l’Oise déboulant depuis sa source à Chimay (vous savez ! son fromage belge et sa bonne bière trappiste). On traverse sommairement le bourg pour gagner la forêt.

Trouver l'art mural sans la rue, à la lisière d'une nature relativement peu domestiquée ne manque jamais de m'étonner mais ces oeuvres, que l'on appréciera ou non, jalonnent régulièrement nos sorties. Bref retour vers la ville que l'on a quitté moins d'une heure plus tôt : un petit clip?

A la première pause on constate que le terrain est devenu vraiment très boueux, les forestiers ayant omis de penser à nous autres les randonneurs du dimanche.

On continue alors plein sud, pour couper vers Saint Christophe. Silence reposant de la forêt majestueuse me direz-vous ? Pas tout à fait. Les claquements des fusils au pied de la Butte Saint Christophe (stand de tir ?) nous cassent bigrement les pieds depuis un trop long moment et il nous faut obliquer pour satisfaire notre confort auditif et répondre à notre crainte de finir façon passoire .

La Forêt d’Halatte est une vaste futaie formée de chênes, de hêtres, et de quelques plantations de conifères, le tout entremêlé de taillis vigoureux de charmes, bouleaux, tilleuls et frênes, qui sont exploités de toute évidence. Mais tout ça n'est pas toujours très praticable à pied aujourd'hui.

Et on se retrouve dans un espace clos, séparés d’un champ et de son chemin plus carrossable par une clôture de grillage et de barbelés. Qu’importe, "Si vous avez vu saint Christophe, ne craignez nulle catastrophe ", alors on pratique une légère ouverture, on passe, et on referme cette porte improvisée derrière nous. Non sans quelque mal, mais avec l'aide du patron des voyageurs.
Oubliant alors la ligne droite, on entame un tour de champ, que l'on coupe perpendiculairement par le premier chemin sur la droite, on évite un bois clairement indiqué "Propriété Privée", pour enfin se trouver nez à nez avec un chevreuil vraiment étonné de nous trouver sur son chemin. 
Il nous faut alors chercher la prochaine issue, qui se pratique par un tunnel dans les ronces et autres broussailles et épineux. Dépaysement garanti...
Sauvés ! On reprend vers le sud, parfois sur un chemin, parfois hors,

avant de croiser un peu furtivement un vieux sanglier qui va bon train.

On poursuit alors d'un pas plus rapide sous une pluie qui ne s’acharne heureusement que par intermittence en cet après midi qui débute sans avoir crié garde.
Mais point d’abri à l’horizon et c'est bien l'estomac qui est dans les talons. Si je n’ai pas prévu le relatif succès de notre équipée, j’ai au moins prévu un abri sommaire pour le déjeuner. Neuf petits mètres carrés de toile mais on se serre debout, comme pour un vernissage ou un de ces cocktails "branchouilles" où on étouffe faute de place. La convivialité en plein bois.



Avec les jonquilles de sortie, on sent que le printemps arrive et ça ne manque pas d’air pur. Est-ce suffisant ? Mais il fait malgré tout un peu humide, la bâche est rapidement pliée et nous voila repartis : on n’est pas rendus !

Du coup pour se réchauffer, le niveau "soutenu plus" s'impose d'autant mieux, pour piquer droit sur le portillon souterrain de la route départementale, difficilement franchissable en surface, à la porte de Senlis.

On traverse le faubourg pour s’arrêter quelques minutes sous un abribus : on ne garde pas trop au froid ou à l'humidité les belles plantes et leurs idées, dans l'attente du printemps.
Bon boulot (remarquez la ceinture), digne de la haute couture, sur cette cape de pluie d’un vert très tendance !
Dans quel état j’erre disais-je ?
Nous voilà donc dans Senlis que, comme tout le monde le sait maintenant grâce à Internet, l'administration romaine a rendu autonome sous le règne d’Auguste (premier nom de la ville : Augustomagus) et qui va devenir la civitas des Sulbanectes, nom qui sera transformé plus tard en Sylvanectes, compte tenu de l'environnement forestier de la ville, pour devenir Senlis.
Pour s'enfoncer dans la ville je m’engouffre dans un dédale de ruelles, encadré par des participants toujours aussi vaillants : personne n'a opté pour l'abandon et l'autocar pour Chantilly. 
Suite de mes lectures :
En 275, les premières invasions germaniques entrainent la création d'un castrum (860 m de périmètre, 8 hectares, 28 tours) et ce rempart restera en service jusqu'au XIIe siècle.
Au début du Ve siècle, la ville se christianise et à la fin du même siècle, elle devient franque.
A la fin du IXe, elle résiste aux Normands, puis à la fin du Xe siècle, aux Ottoniens.


On lit encore qu'au milieu du XIIe siècle sont rebâties la cathédrale Notre-Dame et la collégiale Saint- Frambourg. La flèche de la cathédrale est plus haute que n'est long l'édifice et son portail ouest est dédié à l'assomption de la Vierge Marie.

C'est alors le passage par un nouveau portique pour se diriger vers les grands boulevards qui se sont substitués à une partie des remparts et des fossés.

Et puis soudain nous entrons dans Chantilly par le château et son "Musée vivant du cheval", où l'on peut profiter d'un peu du rayon de soleil qui est vraiment bienvenu.

La sortie tire à sa fin et c'est le moment de pouvoir penser au retour. De toute évidence il n'y a pas que les chats qui se montrent d'une propreté méticuleuse et entretiennent soigneusement leur pelage, condition essentielle de leur bien-être.
Ce soir c’est la concierge qui va être contente !
Et voilà, je suis en retard pour le train de 16h40, mais en avance pour celui de 17h50 alors qu’on avait prévu celui de 18h10 et trois kilomètres de plus. Enfin de moins pour nous aujourd'hui. On s’engoufre donc dans le café-bar de la gare.
Ah, dans quel état j’erre ?
P.A.M.M.

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