Du 01 au 04 mai 2008 dans le Cantal
Par Jean Dunaux, samedi 17 mai 2008 à 22:37 :: #248 :: rss

Il me faut avouer que notre sortie dans le Cantal démarre malheureusement par un quiproquo : il n'y avait qu'un volcan et plusieurs fromages, et non le contraire comme le laissait entendre la fiche technique.
Mais bon, je ne crois pas me rappeler que des quiproquos il y en ait eu vraiment d'autres, à part quelques centaines de mètres de dénivelée positive en plus, alors que l'on s'était d'évidence tous préparés pour une belle virée !

Un seul volcan en effet, car on randonne à l'endroit même où il y a des millions d'années apparaissait le plus majestueux volcan d'Europe : le Saporta. Vous aurez bien sûr compris que le coin a changé de nom pour devenir le Cantal, que l'on sillonnera en ces quatre trop petites journées par plateaux, vallées, montagnes et quelques forêts.
Quant à la fourme de Cantal, le Laguiol et autres Salers (fromages français à pâte pressée non cuite), on ne se gênera pas pour déguster.


Jeudi 01 mai
Depuis Murat, que l'on a rejoint la veille au soir par l'autorail de Clermont en quatre vagues successives, les crêtes que l'on se propose de gravir aujourd'hui se devoilent bien blanchies par les quelques 15 cm de fraîche de la veille. A 8 heures du matin, c'est donc l'appel au PGM qui nous confirme que l'usage des raquettes à neige est recommandé et que la maréchaussée déconseille vivement de longer "l'arête" pour gagner le sommet.
Damned! surtout pour une première journée. Alors on s'accorde sur la montée par la piste verte : prudence, prudence... 

Et nous voilà en route par cette journée qui se veut de la mise en jambes.
L'altimètre nous indique que l'on gagne régulièrement de la hauteur, sous un ciel qui se dégage. Pas si loin nous semble-t-il, le Plomb du Cantal se drape dans son manteau de neige avec son faux air de haute montagne.



Chemin faisant, on croise deux randonneurs et une cascade, c'est à dire pas grand monde sur le chemin, ailleurs que dans un village rapidement traversé.
Arrivés à Prat de Bouc, il se fait évidence que longer la piste verte est effectivement le bon choix : la station est fermée depuis une quinzaine de jours. Mais la neige sur la piste est encore bien damée et l'on zigzag le plus longtemps possible sur les croupes dégarnies par le vent.




Première halte à la terrasse de la station du téléphérique au Plomb. Sophie se propose de garder les sacs.
On monte les derniers mètres jusqu'au sommet par les marches. De cet observatoire, notre parcours des jours suivants se dévoile bien clairement. Puy Griou, le Mary...et pourquoi pas le Sancy ?
Mais restons humbles...on tente une boisson chaude au goût douteux et servie peu aimablement et décidons de ne pas faire de vieux os dans le coin. Alors, pour s'éviter la gadoue de la neige de pente nord chauffée par les quelques rayons d'un après-midi de printemps, on profite de la benne du téléphérique pour descendre à Super Lioran. 


Le gîte est situé au pied des pistes et, une fois l'entrée forcée, après la douche de rigueur, on savoure sans arrière pensée vin chaud, bières locales et autres plateaux de cochonnailles malgré l'heure peu avancée.
Lynda nous parle de gentiane.
S'en suit alors une bonne partie de tarot en attendant que Véronique nous serve le poisson.
Cool, cette première fin de journée ?


Sus au Griou, première étape de la journée !
Sous un ciel vraiment dégagé ce matin, la neige a déjà bien fondu depuis la veille et notre pas allègre confirme que l'on est bien là pour en découdre.



Une fois la station laissée derrière nous, on monte depuis le Font de Cère. Il nous faut quand même traverser plusieurs névés vers le Col de Rombière et si la pente est raide, les batons ne resteront pas en surpoids au fond du sac. 


Puisqu'on en est à parler de poids, il me faut maintenant encore une fois remercier Frank, qui spontanément se dévoue pour loger la corde rando au haut de son sac. 1 kg 10, me direz-vous...ouais, mais corde, sangles, mousquetons (enfin, de quoi installer une maincourante), plus matos pour premiers-soins, plus, plus...Toujours est-il que c'est vraiment bien sympa de se répartir la charge aujourd'hui ! 


Sur ces entrefaits, on arrive au pied du Puy Griou, et Sophie gardera les sacs (merci) pour que l'on puisse grimper plus facilement les derniers 200 mètres qui nous séparent du haut du dôme.
Les flancs sont couverts d'éboulis, de passages enneigés et de quelques plaques de glace, et le tout manque de stabilité. 




Grisés par l'air pur de la "cime" (1 694m), au sommet 


Redescendus (on n'est pas rendu), c'est alors une belle variété des paysages dans la traversée vers la vallée de la Jordanne, avec notamment des 

Le moment venu, on trouve forcément l'endroit ad hoc pour la pause du déjeuner, sur une pelouse moelleuse baignée de soleil et 


C'est l'arrivée à Saint Julien où l'on profitera d'un ravitaillement d'appoint. On est déjà depuis quatre minutes à poiroter devant sa porte quand, dans un large demi-tour
Vous remarquerez bien évidemment Cachou, juché sur le haut de la pompe a essence (qui servira bientôt du gasoil), chat "chrétien" qui loge dans l'église et se désaltère au bénitier...
Admirez la robe acajou (et noire, bien sur) des Salers, les cornes de lyre et la rusticité qui ont valu à ces vaches originaires d'Auvergne de s'implanter aux quatre coins du monde. Des stars !
Alors on attaque la belle montée au Col de Légal, on presse gentiment le pas car le chemin ne nous dirige pas en ligne vraiment droite et l'heure avance peut-être plus rapidement que nous autres randonneurs.

Et l'on atteint la "station" (ski de fond et raquettes) du Col de Légal. On s'installe au gîte, géré par la communauté de communes du pays de Salers, avant de s'affaler en terrasse pour l'apéro à l'Auberge.
Vient l'heure de la soupe, au pied d'une belle cheminée où l'on imagine sans peine les frimas et la goutte au nez chassés par des flambées mémorables.

Elie nous vante la truffade (sert-il autre chose ?), que Janny confectionne à la cuisine. Il faut "couper en fines tranches les pommes de terre préalablement épluchés fines, les faire mi-cuire à feux doux dans une poêle avec l'huile et alors couvrir pour continuer à cuire doucement. Alors, il faut couper de la tomme fraiche (sans croûte) en tranches très fines à mettre sur les pommes de terre. Janny met beaucoup de fromage, en gave la pomme de terre avec une fourchette. Une fois le fromage fondu, le fond de la truffade doit être doré."
Je ne sais plus, mais à un moment il faut saler et poivrer, peut-être qu'il y'a de l'ail. En plus il y'a une salade, et normalement deux tranches de jambon d'Auvergne.
Mais après une bonne journée de randonnée, on aurait plutôt préféré la version avec entrecôte de Salers que l'unique tranche de jambon, même de pays.
Frank se laisse tenter par une deuxième commande, et nous autres on se contente bien sagement de terminer le fond de la poêle. 

Enfin, le patron tente une blague belge (dont je vous fais grâce par crainte de goût de bouchon), et on admire le coucher de soleil qui, lui, vaut le déplacement.
Samedi 03 mai

Ce matin, o

Or, il faut bien constater que malgré les bons lits et le calme extérieur du lieu, la nuit n'a pas été très reposante. Personne n'a ronflé, mais d'autres occupants du gîte ont oublié que l'on dormait. On a eu un mal de chien à se rendormir. Et puis on a pelé de froid, le chauffage ayant été coupé pour cause de souhaits mal interprétés.
Julie a bien souffert, mais bon, aujourd'hui on monte au Puy Mary et il n'est pas question de mollir ! 

On rencontre quelques burons, ou leurs ruines. Mais on n'est pas encore à la mi-mai et l'estive n'a pas débuté : vachers et troupeaux sont toujours dans la plaine.



Donc ça grimpe, et ça redescend.
La neige n'a pas vraiment fondu partout malgré la constance du soleil.
On longe même de belles corniches.




Le haut du Puy Chavaroche (1793m) est l'occasion rêvée pour poser pour la photo de groupe, une fois l'appareil photo bien calé sur un sac à dos. Mais tout concentrés sur l'exercice, on en oublie d'ôter les batôns de marche du champ ! 

C'est de nouveau un passage par la neige alors que le Puy Mary est soudain à notre porte.

Un contournement un peu sioux pour éviter le GR en terrain escarpé, et nous voilà sur la route, partiellement dégagée par la Direction Départementale de l'équipement, mais toujours fermée à la circulation.
Et soudain on arrive au col, au milieu de véhicules de tous gabarits : un retour vraiment trop brusque au règne du moteur à explosion, et qui plus est en montagne. 



On est là pour le sommet. Sophie garde les sacs et on gravit les marches bétonnées, pas toujours une à une, ni vraiment sur les marches.
Fantastique panorama du haut du Mary (Puèg Mari en occitan) : le Puy Griou, le massif du Plomb du Cantal, la Brèche de Roland (que l'on a prévu de passer le lendemain), le Peyre Arse ...On lit que le Puy Mary "s'est constitué par l'accumulation de lave visqueuse au-dessus de la cheminée d’alimentation du volcan, puis il a été érodé par la glace, ce qui lui donne sa forme actuelle pyramidale en horn. Il est entouré des sept vallées glaciaires qui partent en étoile autour du sommet". C'est aussi le site le plus arrosé de France, première montagne depuis l'océan.
La table d'orientation nous confirme qu'au sommet se rencontrent quatre communes du Cantal : Le Falgoux à l'ouest, Le Claux au nord, Lavigerie à l'est et Mandailles-Saint-Julien au sud.
On redescend du promontoire, on déjeune, s'en suit un léger repos, et on repart vers le nord. 

Nous sommes toujours en crête, le soleil brille et la montagne commence à se couvrir de fleurs.

Alors débute une descente, qui nous semble interminable, vers Le Claux.

Lynda paye le tarif habituel pour une randonnée avec des chaussures trop neuves : une très belle ampoule qui réussit à déborder le Compeed.
Confirmation : il était vraiment grand temps de s'arrêter.

Eh oui, pour ce soir ce sera...de la truffade ! Ce qui nous donne l'occasion de comparer et d'accorder la médaille au Col de Légal, la veille. Mais on se fait quand même servir
Dimanche 04 mai 

Une zone à ne vraiment pas approcher : les fours et leurs crevasses, et autres marécages.
Mais il existe un sentier en biais, en longeant la muraille.


Un peu avant d'atteindre le col du Pas de Peyrol, c'est la rencontre avec les chevaux et le Puy Mary en toile de fond.


Le chemin par la Brêche nous aurait forcément demandé un peu plus de temps de marche.


Alors on trouve immédiatement la voie qui nous conduit vers le sommet par des croupes nettoyées par le vent.
Un passage "autoroutier" et on arrive en haut.
Pas de quoi en faire tout un fromage !


C'est l'heure de poser pour un nouveau cliché souvenir.



Voilà, on atteint le Col de la Cavale et la boucle est quasi fermée.






Alors on décrète l'heure du déjeuner, sous un ciel qui se charge doucement, et de la première vraie sieste depuis que nous sommes partis de Murat.
Trop rapidement, il nous faut redescendre vers le Lioran que l'on atteint aux premières gouttes de pluie, qui ne se feront pas trop insistantes.


Quelques bons verres de vin, l'assiette de cochonnailles offerte par Lynda et nous voilà sur le quai de la gare pour le retour.
Qui a vu passer le temps ?
Photos de Carine & Benoît, Lynda, Julie & Fréderic et Jean Dunaux.
Avec aussi Sophie et Frank pour l'aimable animation collective.
Organisation Jean Dunaux.

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